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Panneau Solaire en Autoconsommation : Le Guide

Le 18/10/2021 , mis à jour le 04/05/2022 - 28 minutes de lecture
Vue de drone d'une centrale photovoltaïque sur une maison individuelle
Icone de demande de devis d'installateurs photovoltaïques

Être propriétaire de son système de production d’électricité, voilà qui séduit de plus en plus de Français. La hausse des factures d’énergie et la sensibilisation au enjeux climatiques poussent nos compatriotes à se questionner sur leur approvisionnement énergétique.

Les signaux favorisant l’autoconsommation se multiplient. Au cours des dix dernières années, plusieurs critères écologiques, économiques et réglementaires ont participé à l’expansion de l’autoconsommation. En 2019, un sondage publiée dans Le Parisien soulignait que 63% des Français se déclaraient intéressés par la production et l’utilisation de leur propre énergie, sans doute en lien avec la prise de conscience climatique et l’appétence croissante pour la consommation locale.

Incontestablement, la meilleure réponse à ce besoin est d’exploiter le rayonnement du soleil grâce à des panneaux photovoltaïques. Ce flux de photons capté par les panneaux solaires est converti en électricité et permet ainsi d’alimenter le bâtiment. Cela s’appelle l’autoconsommation.

Ce guide va faire de vous un spécialiste des panneaux solaires et de l’autoconsommation. Nous allons étudier:

  • Les différentes formes d’autoconsommation photovoltaïque,
  • Les prix et dimensionnement d’installations en autoconsommation,
  • Les aides et la rentabilité d’une centrale solaire en autoconsommation,
  • L’autoconsommation collective en bref.

Qu’est-ce que l’autoconsommation d’énergie solaire ?

Le développement de l’autoconsommation est également dû à deux tendances qui font petit à petit pencher l’équation économique de son coté. D’une part, la baisse continuelle des coûts d’acquisition des installations énergétiques, essentiellement ceux de la filière des panneaux solaires, solution privilégiée par les Français, a contribué à rendre l’autoconsommation attractive. Ces 4 dernières années, le prix d’un panneau photovoltaïque a été divisé par plus de 2. D’autre part, l’augmentation ininterrompue des factures d’électricité a également encouragé l’autoconsommation, qui propose un coût du kWh plus compétitif et moins instable.

Définition de l’autoconsommation

L’autoconsommation est caractérisée par la consommation de sa propre production d’électricité grâce à des installations d’énergie renouvelable telles que le solaire, l’éolien, la géothermie, l’hydraulique et la biomasse. L’exploitant de ces installations choisit de les raccorder (ou non) au réseau public d’électricité. Généralement, nous parlons d’autoconsommation électrique dans le cas d’une application de panneaux solaires. Le but de l’autoconsommation est de réduire la part d’énergie achetée sur le réseau.

En effet, la solution la plus évidente pour devenir auto consommateur est de faire appel à un installateur photovoltaique afin qu’il mette en œuvre une centrale solaire sur la toiture de votre maison, de votre garage ou encore au sol, dans votre jardin. Les atouts de l’autoconsommation sont les suivants :

  • Effectuer une action écoresponsable qui permet de limiter votre impact sur le dérèglement climatique,
  • Réaliser une économie sur votre facture énergétique (jusqu’à 50% pour une maison individuelle) grâce à une source d’énergie gratuite et inépuisable.
Installateur , accroupi sur le toit, contrôlant le bon fonctionnement d'une installation solaire à l'aide d'un multimètre
Installateur contrôlant le bon fonctionnement d’une installation solaire à l’aide d’un multimètre

Taux d’autoproduction et taux d’autoconsommation

Le taux d’autoproduction est défini par la part de votre consommation totale d’électricité assurée par la production solaire. C’est un indicateur qui n’a pas d’intérêt pour le dimensionnement de l’installation. Son unique intérêt réside dans le fait de connaitre l’effet positif de la production photovoltaïque sur votre facture d’électricité.

Les installations solaires étant majoritairement dépourvues de batterie et par conséquent ne pouvant alimenter le réseau domestique la nuit, le taux d’autoproduction est généralement inférieur à 70% pour une maison individuelle. Pour exemple, si votre installation vous permet de couvrir 30% de votre consommation d’énergie électrique, alors votre taux d’autoproduction est de 30% et votre facture d’électricité sera réduite de 30%.

👉 Taux d’autoproduction = Production solaire consommée / Consommation totale

En revanche, le taux d’autoconsommation est un indicateur essentiel. Cet indicateur modélise la part d’énergie produite qui est consommée par votre habitation. Concrètement, un taux d’autoconsommation de 100% signifie que vous consommez la totalité de votre production. Un taux d’autoconsommation de 50% signifie que vous n’en consommez que la moitié. Dans ce dernier cas, cela signifie que le dimensionnement de votre installation solaire n’est pas optimal. En effet, il est préférable de sous-dimensionner le générateur solaire de façon à minimiser le surplus qui sera injecté dans le réseau public. Malheureusement, le taux moyen d’autoconsommation est de l’ordre de 20 à 30% pour la plupart des installations car la production et consommation ne sont pas synchrones.

👉 Taux d’autoconsommation = Production solaire consommée / Production totale du générateur solaire

Si vous êtes approché par un commercial, attention à bien identifier de quel taux il est question. En effet, si le démarcheur vous parle d’un taux d’autoconsommation de 100% en arguant que vous n’aurez plus de factures d’énergie à payer, il y a de grandes chances que cela soit faux. Cela voudra simplement dire que toute la production photovoltaïque est consommée. Pour être autonome, c’est le taux d’autoproduction qui doit être de 100%.

Pourquoi pas des batteries solaires ?

Un moyen d’augmenter les 2 taux évoqués ci-dessus serait d’ajouter des batteries solaires qui stockeraient le surplus d’électricité d’origine photovoltaïque dans le but de le restituer ultérieurement. Certes, cela est techniquement tout à fait réalisable mais cette option impacterait négativement la rentabilité de votre projet. En revanche, cette solution permet de se rapprocher de l’autonomie vis à vis des fournisseurs d’énergie.

Les inconvénients des batteries sont les suivants :

  • un prix prohibitif qui décroît rapidement. Nul doute que beaucoup d’installations photovoltaiques seront équipées de batteries d’ici quelques années,
  • une recyclabilité insatisfaisante. Uniquement 70% d’une batterie est recyclable à comparer des 98% d’un panneau solaire photovoltaïque.
  • une longévité médiocre. Alors que votre installation solaire aura une durée de vie de 30 ou 40 ans si celle-ci est entretenue, les batteries, elles, iront difficilement au-delà de 10 ans.

Certaines personnes choisissent de réutiliser la batterie de leur voiture pour lui donner une seconde vie. Cependant, si vous utilisez une batterie qui n’est pas adaptée au stockage, elle s’abîmera rapidement. Il est donc plus rentable d’investir dans une batterie adaptée pour une durée de vie plus longue.

Comment fonctionne l’autoconsommation ?

Le principe est quasi-identique à une installation raccordé au réseau sur le modèle de la vente d’électricité. Techniquement, l’architecture est le suivante :

  • Grâce au silicium des cellules, les panneaux solaires photovoltaïques captent les photons de la lumière pour les produire de l’électricité en courant continu,
  • Les onduleurs (ou les micro-onduleurs) convertissent le courant continu en courant alternatif pour que celui-ci puisse être exploité par votre réseau d’électricité domestique,
  • Les différentes charges (lave-linge, réfrigérateur, four, ordinateur,…) sont alimentées en électrons solaires.
  • Accessoirement, vous pouvez visualiser ou piloter votre production solaire grâce à des logiciels ou applications dédiés.
  • La nuit ou lorsque le temps est couvert, maussade ou pluvieux, le réseau électrique public prend le relais de vos panneaux solaires et couvrent vos besoins en électricité. C’est également le cas lorsque vous consommez plus d’énergie que vous n’en produisez.
  • Dans le cas contraire, lorsque vous produisez plus de kilowatts heures que vous n’en consommez, le surplus est injecté sur le réseau public.

L’installation de panneaux photovoltaïques en vente du surplus peut se raccorder sur le branchement de la consommation, avec un unique compteur. Linky sera alors paramétré pour compter dans les 2 sens (en injection et en soutirage).

schema autoconsommation individuelle
Principe de fonctionnement de l’autoconsommation

Quels sont les différents modèles d’autoconsommation photovoltaïque ?

L’autoconsommation totale (sans injection)

Si l’installation photovoltaïque n’est pas raccordée au réseau public, le modèle est appelé autoconsommation totale. Cela peut être compliqué car la production d’énergie solaire est intermittente, surtout lorsqu’elle dépend de facteurs météorologiques variables. Quand l’énergie ne peut être stockée dans des batteries et qu’il n’y a pas de raccordement au réseau, l’énergie solaire produite doit être utilisée en temps réel pour ne pas être perdue, ce qui nécessite d’adapter la consommation d’énergie à la production solaire.

Il est intéressant de noter qu’en cas de production excédentaire, il est nécessaire de prévoir le système pour que cette énergie soit injectée gratuitement dans le réseau public ou de garantir par un dispositif d’écrêtage telle que la part de sa production qui n’est pas consommée sur place soit nulle. La part d’électricité solaire écrêtée est perdue économiquement et physiquement.

🎯 L’avantage principal de ce modèle est de s’affranchir de démarches souvent longues et complexes avec EDF OA (Obligation d’Achat). En contrepartie, vous ne pourrez valoriser économiquement l’électricité injecté sur le réseau public.

La vente du surplus

Lorsque la production d’énergie photovoltaïque dépasse vos besoins en électricité, cela génère un surplus d’électricité. Si vous avez une batterie, il est préférable de la charger jusqu’à ce qu’elle soit complètement pleine. L’électricité restante, celle qui n’est ni consommée, ni stockée, sera injectée dans le réseau public. Cette injection est régie par un contrat avec EDF Obligation d’Achat qui valorise un complément de revenus à un tarif fixe durant 20 ans. Le modèle de vente du surplus est le plus courant en France et concerne environ 70% des installations.

Lorsque votre maison est équipée d’un système solaire photovoltaïque pour l’autoconsommation avec vente du surplus, vous recevez de l’énergie provenant de deux sources : votre propre énergie produite par les panneaux solaires et l’énergie du réseau électrique auquel la maison reste connectée. L’électricité produite par les panneaux solaires est prioritaire. Mais lorsque vos besoins en énergie dépassent la production d’énergie solaire, le réseau prend en charge l’approvisionnement de secours.

Présentation schématique de la vente du surplus d'énergie solaire
Schéma de principe de la vente du surplus

🎯 En conclusion, l’intérêt de la vente du surplus est double:

  • Vous bénéficiez d’un revenu complémentaire en vendant la production solaire que vous ne consommez pas,
  • Vous réalisez des économies sur la part de votre consommation assurée par votre centrale photovoltaique.

L’autoconsommation partielle

La production solaire non-consommée est cédée sans rémunération et injectée directement sur le réseau public. Comme pour les autres modèles, le consommateur devra acheté sur le réseau la part d’énergie qui n’est pas assurée par son installation photovoltaïque. La part d’électrons solaires consommée occasionne une économie sur la facture d’électricité. Ce principe d’autoconsommation partielle est très peu usité.

Quelle puissance d’installation en autoconsommation ?

Il n’y a pas une seule réponse à cette question. De nombreuses variables entrent en ligne de compte et c’est précisément la raison pour laquelle il peut être compliqué de se lancer seul dans l’aventure. Voici les paramètres à identifier.

La localisation du site

Naturellement, l’ensoleillement n’est pas équivalent que vous habitiez Perpignan ou Lille. Vous retrouverez ci-contre les différentes valeurs d’ensoleillement en fonction des zones géographiques.

Prenons un exemple. Pour une habitation à Nantes équipée d’une installation photovoltaique de 6 kilowatts crête, la production annuelle estimée sera alors de :

⚡️ 6 kWc x 1 000 kWh/kWc/an = 6 000 kWh

Pour une centrale photovoltaique de 12 kWc à Nice :

⚡️ 12 kWc x 1350 kWh/kWc/an = 16 200 kWh

Bien entendu, ces valeurs sont théoriques et doivent être approfondies en fonction de l’inclinaison et l’orientation exacte des panneaux, des pertes de rendement et des éventuels ombrages.

carte productible france
Carte de productible PV en France

La superficie et l’ensoleillement

Tout d’abord, il faut considérer la surface de toiture (ou de jardin pour une installation au sol) disponible. Il est important de bien prendre en compte l’orientation des différentes zones implantables. Si le bâti dispose d’un pan de toit orienté face au sud, il est fort probable qu’elle dispose également d’un pan qui « regarde » le nord. Le pan de toiture au sud sera équipé de panneaux par contre celui au nord n’a pas d’intérêt. C’est le cas simple. Mais imaginons maintenant que les pans de toitures soient orientés Est / Ouest, la donne est différente et il peut être intéressant d’équiper les 2 pans car cela permet d’avoir une plage de production plus étendue (le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest).

L’orientation Sud associée à une pente de toit de 35° est la meilleure configuration en France métropolitaine.

Les ombrages sont un élément qui vient perturber la bonne production d’électricité photovoltaïque. Ces masques peuvent être causés par des arbres, une cheminée, une antenne ou alors une acrotère dans le cas d’un bâtiment professionnel. Le professionnel doit alors faire un repérage et une étude de masque en amont afin d’implanter judicieusement les panneaux solaires. Il faudra surveiller la croissance de la végétation proche pour éviter tout masque d’ombrage dans le futur.

Que ce soit pour une orientation non-optimale de la toiture ou pour un ombrage sur les modules photovoltaïques, il existe des matériels tels que les micro-onduleurs ou les optimiseurs de puissance qui vont permettre de limiter l’impact négatif sur votre production. En effet, ces dispositifs permettent un fonctionnement indépendant des panneaux les uns par rapport aux autres. Concrètement, un panneau qui subit un ombrage n’impactera pas les panneaux avec lesquels il est raccordé comme cela sera le cas avec un onduleur « string » classique.

Vous trouverez dans le tableau ci-dessous quelques indications quant aux surfaces de toiture nécessaires. Les modules solaires pris en compte dans les calcul correspondent aux standards actuels. Il est toutefois possible de limiter l’emprise du champ solaire en optant pour des modules à haut rendements :

Puissance totaleQuantité de panneaux photovoltaïquesEncombrement
3 kWc816 m²
6 kWc1632 m²
9 kWc2448 m²

Votre profil de consommation

En matière d’autoconsommation, la variable la plus importante pour le dimensionnement de votre installation est vos besoins électriques. Votre futur projet devra être dimensionné au plus juste. Parfois, il peut être tentant d’ajouter ou retirer des panneaux mais dans les 2 cas, vous vous éloignerez de la puissance optimale.

Vos données de consommation sont disponibles sur votre facture d’énergie. Elles s’expriment en kilowattheures (kWh) mais ne permet pas de visualiser précisément vos horaires de consommation. Or ce point est primordial pour adapter la puissance du kit panneau solaire.

Explication avec 2 cas ayant strictement la même consommation électrique mensuelle :

  • Cas 1 : Couple de retraités 🧓🏻👵🏻

Madame et Monsieur Michut passent la plupart de leur journée à la maison. Quotidiennement, Madame Michut lance une lessive à 11h puis le four à 12h et enfin le lave-vaisselle à 13h. Monsieur Michut quant à lui utilise son outillage électrique dans la matinée et dans l’après-midi. Notre couple de retraités consomme sur toute l’amplitude de la journée, avec des pointes entre 11h et 14h ce qui est en parfaitement synchrone avec la production solaire.

  • Cas 2 : Couple avec 2 enfants 👨‍👩‍👦‍👦

Madame et Monsieur se lèvent tôt en semaine car non seulement il faut se rendre au travail, mais en plus il faut préparer les enfants pour aller à l’école. Madame lance une lessive au réveil pour pouvoir l’étendre avant de partir. Avant d’aller à l’école, donc alors que le soleil est très bas voir pas encore levé en hiver, les enfants utilisent le micro-onde et le grille-pain pour leur petit-déjeuner. La journée, personne n’est à la maison. En revanche, le soir, alors que le soleil se couche, console de jeux, ordinateur et télévision tourne à plein régime. Le chauffe-eau électrique est aussi mis à contribution pour les 4 douches de la famille.

🎯 Quelle conclusion tirer de ces 2 cas à la consommation mensuelle équivalente ?

  1. Bien qu’ayant une facture d’électricité identique, le profil de consommation des 2 cas est totalement diffèrent. Le couple de retraités consomme lorsque le soleil brille. Le couple d’actifs consomme le matin et le soir, lorsque le soleil est couché ou d’une faible luminosité.
  2. La conséquence du point évoqué ci-dessus est la suivante :
    • Le couple de retraité nécessitera d’une installation de puissance plus importante que le couple avec enfants. Les besoins sont relativement constant et étalés sur la journée. Le profil est idéal pour la pratique de l’auto-consommation,
    • Le couple avec enfants, n’ayant presqu’aucune charge à alimenter lorsque le soleil est à son zénith, n’aura besoin que d’une « petite » installation qui permet d’assurer l’alimentation du talon de consommation (réfrigérateurs, veilles lumineuses, VMC, congélateur, …). Le talon de consommation correspond à la puissance de consommation minimale sur une période donnée.

Analyser la consommation d’électricité n’est donc pas suffisant pour définir la puissance photovoltaique adaptée. Il faut aller au delà et étudier le profil de consommation du logement. En effet, c’est sur la base de la connaissance voire de la maitrise de la consommations des utilisateurs que le dimensionnement doit être effectué.

guide autocnsommation solaire photovoltaique 1
Installation photovoltaïque surimposée en toiture

Les paliers de tarif d’achat

La vente du surplus est aujourd’hui le modèle d’autoconsommation dominant. Dans ce cadre, le choix de la puissance optimale est fonction de l’effet de seuil engendré par les différents tarifs d’achat et la prime à l’investissement. Vous trouverez ci-dessous un tableau explicatif :

Puissance totalePrime à l’investissement*Tarif achat Surplus*
3 kWc380 euros / kWc soit 1 140 euros0,10 euros/kWh
6 kWc 280 euros / kWc soit 1 680 euros 0,10 euros/kWh
9 kWc 280 euros / kWc soit 2 520 euros 0,10 euros/kWh
12 kWc 160 euros / kWc soit 1 920 euros 0,06 euros/kWh
* Prime et tarif d’achat en vigueur en date de l’article

L’effet de seuil au delà des 9 kwc est assez défavorable et ne justifie pas la pose de panneaux pour 12 kWc par exemple. La perte parait relativement faible (0,10 à 0,06 euros/kWh) mais sur 20 ans le manque à gagner peut-être considérable.

Quelles sont les aides à l’autoconsommation ?

Promulguées selon l’arrêté du 9 mai 2017, les aides d’états évoquées dans le tableau précédent sont donc de 2 types et assujetties à quelques contraintes. Précisons que toutes deux sont versées par EDF Obligation d’Achat (EDF OA).

La prime d’autoconsommation

Aussi appelée prime à l’investissement, elle n’est pas automatique et requiert d’être conforme aux points suivants :

  • choisir le modèle de la vente du surplus,
  • sélectionner un poseur de panneaux disposant de la certification Reconnu Garant de l’Environnement (RGE),
  • le support de pose des panneaux doit être une toiture, une pergola, mur-rideau, brise-soleil ou un abri. La pose de panneaux solaires sur une structure au sol n’est pas validée.

Par ailleurs, notez que cette prime est versé sur 5 ans (20% chaque année sur 5 ans), qu’elle est calculée en fonction de la puissance de votre générateur et qu’elle est versée simultanément au revenu issu de la vente du surplus.

Puissance du générateurPrime d’autoconsommation*
< 3 kWc380 euros/kWc
de 3 à 9 kWc 280 euros/kWc
de 9 à 36 kWc 160 euros/kWc
* Tarif d’achat en vigueur en date de l’article

Le tarif d’achat

Lorsque vous produisez plus d’électricité solaire que vous n’en consommez, le surplus est injecté sur le réseau public et valorisé pendant 20 ans suivant le barème ci-après :

Puissance du générateurTarif d’achat*
< ou = 3 kWc0,10 euros/kWh
< ou = 9 kWc 0,10 euros/kWh
< ou = 36 kWc 0,06 euros/kWh
* Tarif d’achat en vigueur en date de l’article

Une TVA réduite sous conditions

Vous bénéficiez d’une TVA réduite à 10% sous réserve des conditions suivantes :

  • Puissance de l’installation inférieure ou égale à 3 kWc,
  • Le bâtiment sur lequel vont être posés les panneaux solaires à plus de 2 ans.

Dans les autres cas, la TVA sera de 20%.

Autres aides

Aux aides photovoltaiques évoquées ci-dessus, nous pouvons ajouter :

  • l’aide de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANHA) envisageable sous condition de ressources,
  • les aides locales, attention à être vigilant(e) avec les fausses promesses. Cependant de plus en plus de villes ou de région proposent des aides. Pêle-mêle, nous pouvons citer la région Grand-Est, Toulouse Métropole, Le département de l’Essonne, Bordeaux, Bourg-en Bresse,…y

Précisons que le crédit d’impôt (Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique) pour le photovoltaique n’existe plus depuis le 1er janvier 2014. Ce crédit d’impôt est désormais remplacé par MaPrimeRénov’ qui n’est également pas éligible au photovoltaïque.

Quel est le prix d’une installation solaire en autoconsommation ?

💰 Avant tout, il convient de lister les différents postes de coût du projet :

  • Etude de faisabilité, étude structure, …,
  • Fourniture et pose du procédé photovoltaïque : panneaux solaires + système de fixation,
  • Fourniture et pose du matériel électrique : onduleur, micro-onduleur, boite de jonction, outil de supervision, …,
  • Consuel pour obtention d’un certificat de conformité électrique (160 euros Hors taxes),
  • Mise en service d’Enedis (50 euros),
  • Possible frais de raccordement en fonction du modèle d’autoconsommation choisi et de la puissance (500 à 1200 euros Hors taxes).

Auxquels nous ajoutons les charges annuelles :

  • Abonnement supervision (facultatif), entretien et maintenance,
  • Impôts (pour les installations >3kWc),
  • Assurance Responsabilité Civil pour un particulier.

A cela, il faut ajouter à minima un changement d’onduleur sur la durée de vie de l’installation (300 à 600 euros HT).

Le coût des kits solaires n’a cessé de baisser depuis sa démocratisation au début des années 2000. Le prix des matériels et surtout celui des cellules photovoltaïques a continuellement diminué jusqu’à devenir un consommable désormais fabriqué en Asie au même titre qu’un stylo ou un trombone. Veuillez trouver ci-dessous une estimation du coût totale d’une installation solaire photovoltaïque :

  • 👉 3 kWc 💵 de 7 000 à 9 000 €
  • 👉 6 kWc 💵 de 12 000 à 14 000 €
  • 👉 9 kWc 💵 de 15 000 à 18 000 €
  • 👉 12 kWc 💵 de 20 000 à 24 000 €

Les prix évoqués ci-dessus sont TTC et comprennent la fourniture, la pose les démarches administratives, le raccordement et les frais de mise en service.

Illustration représentant une main pleine de pièces de monnaie avec en fond une installation photovoltaïque

Est-ce qu’une centrale photovoltaïque en autoconsommation est rentable ?

💡 La réponse à cette question est positive à partir du moment où les 3 paramètres suivants sont optimisés :

  • Le dimensionnement de l’installation,
  • Un coût d’acquisition raisonnable,
  • Un dispositif (même basique) de pilotage pour l’injection de la production solaire.

En effet, ce troisième point, souvent négligé, est pourtant prépondérant quant à la réussite de votre projet. Pour le pilotage de l’autoconsommation, un simple programmateur (horloge pilotable) branché sur la prise secteur en amont de la prise de votre appareil électroménager permet de faire démarrer l’appareil à un horaire judicieux correspondant à votre production électrique.

Pour aller plus loin, il existe des solutions domotiques comme les box d’optimisation de l’autoconsommation qui vont permettre un suivi et un pilotage plus précis des différents appareils électriques. Ces produits intelligents vont faire fonctionner et stopper vos appareils en fonction de la production solaire.

Par exemple, il est judicieux de reprogrammer votre chauffe-eau pour qu’il démarre en fin de matinée plutôt qu’entre 3 et 6 heures du matin. De la même façon, faites tourner votre lave-vaisselle en milieu d’après-midi plutôt que le soir avant d’aller vous coucher.

Maintenant, prenons un exemple : un particulier possédant une maison à Carcassonne souhaite réaliser des économies sur son achat d’électricité. Le professionnel en panneau solaire photovoltaïque a installé 12 panneaux solaires (4,5 kWc) sur la toiture. Le vieux chauffe-eau a été supplanté par un chauffe-eau thermodynamique et son compteur à roue par un compteur Linky. Les charges les plus énergivores (chauffe-eau + 2 pompes à chaleur) ont été raccordés à un système de pilotage de l’énergie.

Le projet a coûté 22 000 €, mais le crédits d’impôt sur le chauffe-eau thermodynamique a atténué le montant de l’investissement à 18 000 €. La prime à l’autoconsommation et la vente du surplus d’énergie électrique minorent aussi l’investissement. Le propriétaire estime que l’installation sera rentabilisée en dix ans et a d’ores et déjà constaté que sa facture annuelle est divisée par deux !

Il est de coutume de dire qu’une installation optimisée permet de diviser par 2 sa facture d’électricité. Cela signifie que vous avez un taux d’autoproduction de 50%.

Recettes annuelles

💰 Voici les recettes annuelles pour une installation en vente du surplus :

  • L’économie de la part autoconsommée suivant le prix du kWh fournisseur,
  • La vente du surplus de pendant 20 ans en €/kWh,
  • La prime à l’investissement variable en fonction de la puissance du système photovoltaïque en €/kWc.

💡 La facture d’électricité est composée de plusieurs parts soumises à une TVA dont le taux est variable selon les catégories.

  • L’abonnement (€/kW) : il est fixe et calculé en fonction de la puissance souscrite. Il inclut la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) et le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité (TURPE).
  • Le coût de fourniture exprimé en c€/kWh
  • Les composantes variables du TURPE
  • Les taxes spécifiques telles que la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE) et la Taxe sur la Consommation Finale d’Electricité (TCFE).

L’économie réalisée grâce à l’autoconsommation va donc être principalement générée sur les 3 derniers paramètres évoqués ci-dessus.

Tableau de rentabilité

Vous trouverez ci-dessous un tableau simplifié donnant une idée des différentes options pour une même habitation.

Tous les montants sont TTCAutoconsommation totale
1 kWc
Autoconsommation avec vente du surplus
3 kWc
Vente Totale
3 kWc
Investissement2 500 euros8 000 euros8 000 euros
Taux d’autoconsommation100%33%0%
Economie Facture électrique150 euros300 euros0 euros
Revenu Vente électricité0 euros180 euros 700 euros
Bilan Annuel+ 150 euros+ 480 euros+ 700 euros

Sachez que la durée moyenne de retour sur investissement est de 9 à 12 ans avec un taux de rentabilité de 20 à 25%. Cela signifie qu’au delà des aspects économiques et écologiques, c’est également un excellent placement financier !

Faut-il installer soi-même le kit solaire ou faire appel à un installateur ?

Tout d’abord, il est primordial de savoir que l’arrêté tarifaire du 9 mai 2017 encadrant l’autoconsommation photovoltaique précise que l’obtention des aides est conditionnée par le fait que l’installation soit effectuée par des sociétés qui disposent d’une qualification ou certification relative au photovoltaïque.

💡 Installer des panneaux solaires requiert de multiples compétences qui sont généralement de 3 types :

  1. Des compétences en charpente, façade et couverture pour l’installation d’un procédé sur l’enveloppe d’un bâtiment,
  2. Des compétences électriques pour la conception et le raccordement de l’installation avec habilitation « photovoltaïque »,
  3. Une certification professionnelle pour l’installation d’un procédé solaire (QualiBat, QualiPV, Qualifelec).

D’une manière générale, toute installation raccordée sur le réseau basse tension doit respecter la norme NF C 15-100. A cela, spécifiquement pour l’installation de panneaux solaires, s’ajoute le guide UTE C 15-712.

De plus, vous n’aurez pas accès aux garanties légales de mise en œuvre qui entrent en vigueur à partir de la date de réception de l’installation d’énergie solaire photovoltaïque :

  • Garantie de parfait achèvement valable 1 an. Elle entraine une réparation financée par l’installateur de tout sinistre ou désordre constatés sur les équipements mis en œuvre,
  • Garantie de bon fonctionnement valable 2 ans. En dehors des équipements dits « indissociables », cette garantie entraine réparation ou remplacement de tout matériel qui fait défaut.
  • Garantie décennale valable 10 ans. Réparation de dommages liés à un matériel indissociable qui compromet la solidité de l’ouvrage et le rend impropre à sa destination.

Réaliser seul son projet est donc réservé à des bricoleurs très expérimentés qui devront s’affranchir d’un certain nombre d’aides financières et de garanties. Si vous souhaitez vous engager dans cette voie attention, ayez toujours conscience que vous manipulez des matériels qui produisent de l’électricité. Le secteur du photovoltaïque étant relativement prisé des éco-délinquants, nous ne pouvons que vous conseiller de nous faire confiance pour le choix du professionnel ou alors de vous appuyer sur notre guide dédié.

Installateur photovoltaïque équipé d'une visseuse. Il fixe les panneaux solaire sur un toit
Installateur photovoltaïque fixant des panneaux solaires

Quels sont les avantages et les inconvénients de l’autoconsommation ?

💡 Les bénéfices liés à l’autoconsommation solaire sont nombreux et ils ont tous été évoqué dans les lignes précédentes :

  • possibilité de commencer avec un investissement réduit (inférieur à 2 000 €),
  • anticiper l’augmentation du prix de l’électricité en réduisant le nombre de kWh achetés. L’économie est instantanément notable sur vos factures,
  • une grande souplesse d’implantation grâce à une surface nécessaire réduite,
  • possibilité de vendre le surplus,
  • autonomie possible grâce à des batteries solaires,
  • à puissance équivalente, une centrale en autoconsommation est moins onéreuse qu’une centrale raccordée en vente totale,
  • vous pouvez faire évoluer votre installation (rajout de panneaux par exemple) sauf dans le cas de la vente du surplus. Il est toutefois possible de faire une autre installation.

Malgré tous ces éléments encourageants, certains obstacles, principalement économiques et techniques, subsistent. Tout d’abord, l’équilibre économique du modèle reste fragile. En France, le prix de l’électricité est faible, ce qui ne rend pas toujours pertinent l’investissement dans un projet d’autoconsommation, d’autant plus que les coûts d’investissement initiaux restent non-négligeables malgré une baisse continue ces dernières années.

Quant aux batteries solaires, permettant de stocker le surplus d’électricité pour le restituer au moment opportun, leur coût est prohibitif pour être envisagé par les auto consommateurs, à moins qu’ils n’adoptent un mode de vie frugal en réduisant leur consommation d’énergie et leur besoin de stockage.

Enfin, les mécanismes de subvention sont souvent inconnus des Français ou nécessitent des démarches administratives fastidieuses, d’où l’intérêt de se faire accompagner d’un professionnel. Les incitations et subventions à l’autoconsommation ne sont pas toujours pertinentes et se concentrent souvent uniquement sur les petites installations (<3 kWc).

💡 Voici les inconvénients de l’autoconsommation :

  • investissement dans des appareils électroménagers programmables ou à minima dans des équipements domotiques qui permettront de piloter la consommation,
  • faire évoluer ses habitudes de consommation,
  • les batteries solaires sont coûteuses et pèsent sur la rentabilité du projet.

Qu’est-ce que l’autoconsommation collective ?

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), plan de développement de la France en matière d’énergie, dicte le nombre d’opérations d’autoconsommation à 200 000 d’ici 2023, dont 50 en autoconsommation collective.

En France, il n’existe actuellement qu’une vingtaine d’expériences d’autoconsommation collective. Cependant, de nombreux acteurs pourraient être intéressés par l’installation d’un système d’autoconsommation collective. La stratégie la plus séduisante consiste à regrouper des acteurs ayant des usages électriques variés et/ou prévisibles dans le but d’optimiser la consommation d’énergie. Par exemple, les écoles pourraient être regroupées avec les bâtiments voisins (gymnase, cantine, bibliothéque, …), les développeurs du projet pourraient intégrer l’autoconsommation collective dés la conception.

L’autoconsommation collective a été prédéfinie dans un texte de loi datant de 2016, et a été repréciser en 2019 dans la loi  » Pacte « . Le but est de démocratiser les composantes économiques, juridiques et contractuelles adaptées aux projets d’autoconsommation collective afin de multiplier les initiatives. Pour l’instant, la complexité des montages juridiques et financiers des installations limite grandement son intérêt.

Au niveau des quartiers, l’autoconsommation collective est perçue comme le modèle standard pour le futur car il permet de nous rapprocher de l’indépendance énergétique. Dans cette optique de « Smart Grid », l’autoconsommation collective est un levier permettant de renforcer la résilience d’une zone, par une production locale et sécurisée, indépendante du réseau public d’électricité.

Cependant, cette affirmation doit être atténuée par certains paramètres. Par exemple, l’incapacité à répondre au besoin d’électricité lors des pics de consommation énergétique et donc l’utilisation (malheureusement) indispensable du réseau public. Ce phénomène pourrait induire une augmentation de tarif des fournisseurs d’électricité en raison de la perte progressive de clients.

schéma autoconsommation collective photovoltaïque
Schéma représentant une autoconsommation collective

Conclusion du guide des panneaux solaires en autoconsommation

L’autoconsommation avec panneaux solaires est un marché en croissance qui nécessite encore quelques petites adaptations réglementaires, techniques et juridiques pour qu’elle devienne non plus une exception, mais la règle. Les hausses spectaculaires du prix de l’énergie et les enjeux climatiques désormais omniprésents créent l’effet d’un boost pour ce modèle qui permet de mieux maîtriser sa production et sa consommation. Elle participe aussi au développement des énergies renouvelables et réduit la nécessitée de renforcer le réseau électrique public. Si l’autoconsommation solaire, qui est de loin la solution la plus répandue, semble très adaptée aux bâtiments tertiaires, où la consommation est souvent alignée sur les heures du jour, la systématisation du télétravail pourrait bien entraîner une massification des projets chez les particuliers. Si vous aussi souhaitez devenir acteur de la révolution photovoltaïque, contactez nous !

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